Ajax loader
Liliana Segre at the Home in Milan / Photo, 2015
Segre, Liliana
born 1930,
Italian Holocaust survivor, who was made senator for life by Italian President Sergio Mattarella on 19 January 2018.

Lilian Segre at...
sur 1
Voir Sélections
Se souvenir d’Auschwitz
27 janvier – Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste (International Holocaust Remembrance Day)

Le 1er novembre 2005, l’Assemblée générale des Nations unies a désigné le 27 janvier comme jour du souvenir de la Shoah en hommage et en mémoire aux quelques 6 millions de Juifs; 200 000 Roms, 250 000 handicapés et malades mentaux; et près de 10 000 homosexuels qui ont été systématiquement tués pendant le pire génocide du monde, pendant la Seconde Guerre mondiale. La date commémore la libération du plus grand camp de concentration nazi, Auschwitz-Birkenau, par l’armée soviétique le 27 janvier 1945. La libération d’Auschwitz-Birkenau serait également l’événement qui a mis fin à la Shoah.

Les journées de mémoire ont pour but de nous rappeler à tous notre histoire collective et partagée. On se rappelle de la citation du philosophe hispano-américain George Santayana «ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter». C’est dans cet esprit de mémoire que le photographe italien Giovanni Mereghetti a tenté d’illustrer et de reconstruire la vie de l’une des rescapées de la Shoah, Liliana Segre. Agée de 89 ans aujourd'hui, cette militante de la mémoire de la Shoah a été nommée sénatrice à vie par le Président italien Sergio Mattarella en janvier 2018. Depuis, elle a été la cible d'invectives antisémites à plusieurs reprises.

L’histoire de Liliana ressemble à celle de nombreuses autres victimes de la Shoah. Elle est née à Milan dans une famille juive. Alors qu’elle approchait de son adolescence, les directives et programmes fascistes racistes ont commencé à saper la vie et la culture italiennes. Les lois raciales italiennes étaient un ensemble de lois adoptées entre 1938–1943 qui imposaient la discrimination raciale en Italie et étaient principalement dirigées contre les Juifs et les immigrants des colonies italiennes en Afrique. Ces lois restreignaient les droits civils – interdisant aux Juifs et à d’autres personnes d’exercer des fonctions publiques et d’accéder à l’enseignement supérieur. Les lois ont évolué pour dépouiller les Juifs de leurs biens personnels et ont finalement conduit à l’internement de Juifs dans des camps, initialement en Italie. C’est à cause de ces lois que Liliana a été expulsée de son école de la Via Ruffini. Ces mêmes lois ont ensuite contraint la famille Segre à abandonner sa maison sur le Corso Magenta à Milan.
La famille a d’abord été transférée à Inverigo, où, avec l’aide d’amis, elle a tenté de s’échapper. Ils ont réussi à se rendre à Arzo, en Suisse, mais ont rapidement été expulsés de l’autre côté de la frontière vers la ville italienne de Saltrio, où ils ont été rapidement arrêtés avant d’être transportés à la prison de San Vittore.
Finalement, la famille a été forcée de prendre un train pour supporter le voyage de 1300 kilomètres jusqu’à Auschwitz, où elle a été emprisonnée. Liliana n’avait que treize ans lorsqu’elle a été déportée au camp d’extermination d’Auschwitz. Elle y restera jusqu’à l'évacuation du camp, et, à la suite d'une marche de la mort vers l'Allemagne, sera libérée par les Soviétiques du camp de concentration de Malchow, un camp externe de celui de Ravensbrück, le 30 avril 1945.

Liliana, la seule membre de sa famille déportée à Auschwitz ayant survécu, est revenue à Milan en 1945, après la fin de la guerre.
L’histoire de Liliana Segre est partagée par d’innombrables autres personnes. Selon le Holocaust Memorial Museum aux États-Unis, environ 1,3 million de personnes ont été déportées vers le camp d’Auschwitz. Environ 1,1 million d’entre eux étaient juifs et 960 000 d’entre eux, dont les membres de la famille de Liliana, y ont péri. Il est difficile d’estimer le nombre de survivants de l’Holocauste aujourd’hui, mais plus de 70 ans après la libération d’Auschwitz, beaucoup nous quittent chaque année.
En leur mémoire, nous devons toujours nous souvenir.