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Paris / Mai 68 / Manifestation 6 mai.
Evénements de Mai 68. Manifestation d’étudiants et grève générale, milieu mai à Paris.
– Charge des policiers sur les étudiants, rue Saint-Jacques.
– Photo, 06.05.1968....
Quartier Latin / Mai 68
Daniel Cohn-Bendit / Paris / Mai 68 / Manifestation 13 mai
Paris / Mai 68 / Manifestation 13 mai
Paris / Mai 68 / Manifestation 13 mai
Paris / Mai 68 / Manifestation 13 mai
Paris / Mai 68 / Manifestation 13 mai
Paris / Mai 68 / Sorbonne occupée
Paris / Mai 68 / Sorbonne occupée
Paris / Mai 68 / Sorbonne occupée
Paris / Mai 68 / Sorbonne occupée
Raymond Marcellin / Mai 68.
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MAI 68 en couleurs
MAI 68 en couleurs, vu par Manuel Bidermanas

Il est rare que des photos d’un événement aussi retentissant que Mai 68 soient restées inédites pendant soixante ans et encore plus rare qu’elles soient en couleurs ! C’est le cas des photographies de Manuel Bidermanas que nous présentons dans ce dossier.
Alors tout jeune reporter photographe pour l’Express, Manuel Bidermanas a immédiatement senti que les premières agitations de la faculté de Nanterre portaient en elles les ferments d’une révolte qui irait bien au-delà des murs de l’université.
Les photographies de Mai 68 de Manuel Bidermanas semblent – par la proximité immédiate que leur donne la couleur – faire revivre l’événement sous nos yeux. Quelle surprise de voir la chemise orange de Daniel Cohn-Bendit ! Que dire du reflet bleuté des uniformes des CRS ou de la bigarrure des vêtements des manifestants et des étudiants.
Dans ces photos couleurs, Manuel Bidermanas montre moins la violence des affrontements (qu’il a davantage traité en noir et blanc) que la vitalité et la joie qui émanaient des manifestations et des cortèges.
La chronologie des évènements permet de mieux remettre en perspective les photographies de Manuel Bidermanas.

La révolte étudiante
Les premiers signes avant-coureurs de la crise de Mai 68 remontent au début de l’année à la faculté de Nanterre, ouverte en 1963 pour décongestionner la Sorbonne à Paris. A l’époque, le campus se trouvait au milieu d'un immense bidonville, situation propice à la germination d’idées politiques contestataires et au développement de mouvements d'extrême gauche. Il ne faut pas oublier que l'institution universitaire était considérée comme un des rouages de la société capitaliste. C’est dans ce contexte que naquit le Mouvement du 22 mars, conduit par Daniel Cohn-Bendit. Une multiplication d’incidents sur le campus de Nanterre finit par conduire à la fermeture de l'université, le 2 mai.
Dès lors, l'agitation se déplace à Paris ; ce qui n'était qu'une série d'incidents tourne à la révolte généralisée. Tout bascule le 3 mai quand la police intervient brutalement pour disperser le meeting de protestation tenu par les étudiants dans la cour de la Sorbonne.
La sévérité de la police, avec plus de 500 arrestations, provoque immédiatement la solidarité du milieu estudiantin avec la minorité militante. Le soir-même et les jours suivants, les rues du Quartier latin sont le théâtre de heurts très violents entre étudiants et forces de l’ordre avec érection de barricades, jets de pavés, de cocktails Molotov, contre-charges de CRS, matraquages en règle et dispersion des manifestations à coups de gaz lacrymogènes.
Les affrontements, d’une violence inédite depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sont suivis en direct à la radio par la population et plongent le pays dans une certaine stupeur.

Affrontements et combats de rue
Le point culminant est atteint le 6 mai et dans la nuit du 10 au 11 mai : étudiants et CRS s'affrontent en de véritables combats de rues (voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées), faisant des centaines de blessés. Au lendemain de cette « nuit des barricades », c’est la sidération dans le pays. Le pouvoir du Général de Gaulle semble incapable de résoudre la crise.
L'agitation étudiante, jusque-là isolée, rencontre alors la sympathie de l'opinion publique : le 13 mai, à Paris et dans toute la France, les syndicats manifestent avec les étudiants pour protester contre les brutalités policières. La crise prend alors une nouvelle dimension sociale avec une vague de grèves qui paralyse peu à peu tout le pays.
Il faudra les accords de Grenelle et, surtout, la fausse disparition du Général de Gaulle et la dissolution de l’Assemblée Nationale, suivis d’une manifestation gaulliste monstre, rassemblant plus d’un million de manifestants, pour que le calme revienne peu à peu et qu’ouvriers et salariés reprennent progressivement le chemin des usines et des entreprises.