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Catastrophe nucléaire de Tchernobyl / Explosion du réacteur n°4 / Reconstitution 3D
Catastrophe nucléaire de Tchernobyl / Explosion du réacteur n°4 / Reconstitution 3D
Catastrophe nucléaire de Tchernobyl / Explosion du réacteur n°4 / Reconstitution 3D
Catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Accident nucléaire de Tchernobyl) : accident nucléaire majeur, classé au niveau 7 (le plus élevé) sur l'échelle internationale...
Accident Nucléaire / Tchernobyl / 1986
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Tchernobyl 1986-2016
Il y a tout juste trente ans, le 26 avril 1986, un accident nucléaire majeur détruisait le réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine de Tchernobyl en Ukraine. Cet accident nucléaire (classé au niveau 7, le plus élevé, sur l'échelle des événements nucléaires) est le plus grave du 20e siècle et eut des répercussions internationales décisives pour le bloc communiste.

A cette occasion, Akg-images vous propose un sujet à partir des archives de l’agence russe Ria Novosti (aujourd'hui Sputnik) et une reconstitution 3D inédite et exclusive de l’explosion du réacteur n°4.

Tout avait commencé ce jour-là par un banal exercice qui entraîna l'augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur conduisant à la fusion du cœur. Ceci provoqua l’explosion et la libération d'importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère, ce qui contamina très largement l’environnement et provoqua de nombreux décès et maladies immédiatement ou à long terme.

On ne peut pas non plus sous-estimer la portée économique et géopolitique de la catastrophe de Tchernobyl : l’Union Soviétique ne parvint jamais à s’en remettre. Non seulement, l’obsolescence de son parc de centrales nucléaires éclata au grand jour, mais, dans l’esprit de beaucoup d’observateurs, ceci traduisait surtout le fait que le régime était à bout de souffle sur les plans économique, technologique et industriel.

La catastrophe de Tchernobyl symbolise le début du déclin irréversible de l’URSS. Moscou fut contraint d'engloutir d’innombrables ressources économiques et humaines dans l’étouffement du coeur du réacteur en fusion (26 avril - 14 mai), dans la construction du sarcophage et la décontamination du site (14 mai - fin décembre), et dans l’évacuation et le relogement des populations (135 000 personnes) ; sans compter la perte des terrains agricoles et des forêts (784 000 ha de terrains agricoles et 694 000 ha de forêts) qui durent être abandonnés.

La chronologie des événements du 26 avril 1986, passionnante, montre à quel point tout s’est joué en l’espace de quelques minutes :

01:03:00 : Deux pompes du circuit de refroidissement sont enclenchées pour essayer d'augmenter la puissance du réacteur. Ce flot supplémentaire entraîne une hausse de température dans les échangeurs de chaleur.

01:19:00 : La puissance des pompes est accrue pour stabiliser le débit d'eau arrivant dans les séparateurs de vapeur, mais, ce faisant, dépasse la limite autorisée. Le système demande l'arrêt d’urgence, mais les signaux sont bloqués et les opérateurs décident de continuer le test.

01:23:04 : L’essai proprement dit commence. Les vannes d'alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui fait augmenter la pression dans le circuit primaire du réacteur.

01:23:40 : Le contremaître de nuit Alexandre Akimov, sous les ordres d'Anatoly Diatlov, l'ingénieur en chef adjoint, déclenche l'arrêt d'urgence. Les barres de contrôle sont descendues, sans grand effet : la chaleur du réacteur est telle qu’elle a déformé les canaux destinés aux barres de commande, de sorte que celles-ci ne peuvent être descendues qu'à 1,50 m au lieu des 7 m normaux et ne peuvent donc pas remplir leur office : refroidir le réacteur.

01:23:43 : Malgré le démarrage des générateurs diesel, la situation devient incontrôlable. Des bulles se forment dans le liquide de refroidissement du réacteur, qui ne refroidit plus grand chose. Le réacteur monte rapidement en puissance.

01:23:44 : La radiolyse de l'eau conduit à la formation d'un mélange détonant d'hydrogène et d'oxygène. De petites explosions se produisent, éjectant les barres qui permettent le pilotage du réacteur. En 3 à 5 secondes, la puissance du réacteur centuple. La situation est hors de contrôle. Les 1 200 tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur sont projetées en l'air et retombent de biais sur le cœur du réacteur qui est fracturé par le choc. Un incendie très important se déclare, tandis qu'une lumière aux reflets bleus se dégage du trou formé.

01:30:00 : Le directeur Brioukhanov est réveillé, mais ne saisit pas immédiatement l'ampleur de la catastrophe.

04:00:00 : Le directeur Brioukhanov appelle le ministère de l'Énergie et lui indique que « Le cœur du réacteur n'est probablement pas endommagé ». Il reçoit pour ordre de maintenir le refroidissement par eau du réacteur ; cet ordre, que Brioukhanov persistera à appliquer toute la journée, n'aura pour effet que de libérer plus de radio-éléments dans l'atmosphère et de noyer les installations souterraines communes aux réacteurs 3 et 4, menaçant gravement le fonctionnement et l'intégrité du réacteur 3. L'ingénieur en chef responsable du réacteur 3 prendra, au cours de la journée et contre les directives de Brioukhanov, la décision de faire passer ce réacteur en arrêt à froid, permettant ainsi de le sauver d'une destruction certaine, ce qui aurait immanquablement eu des répercussions sanitaires, environnementales et économiques beaucoup plus fatales.